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Covid 19 au jour le jour - Envoi 17 01/04/20
Envoi 17 -2020 04 01 – Plus de Temple pour prier !
Menu
- Billet du jour
- Messe, intentions, homélie du Pape; Voir pièce jointe
- De la part de Mgr Jean Pierre Vuillemin : Concernant les Rameaux 
- Deux propositions : prions pour les malades et la sonnerie de cloches pour le triduum pascal.
- Le confinement et l'Exil à Babylone par Philippe Gruson, prêtre bibliste (en complément de l’envoi 6- en pour vivre la semaine Sainte) en pièce jointe.
En prime :
- Et tout s’est arrêté par un prêtre Bordeaux, en pièce jointe
- L‘humanité ébranlée et la société effondrée par un petit machin de
Moustapha Dahleb, en pièce jointe.
- en annexe décès de l'abbé Hiitinger
Chères paroissiennes, chers paroissiens,
 
Comme pour les enfants ou les jeunes qui peuvent travailler avec leur prof par internet, nous sommes tout de même des privilégiés ! Pensons à tous ceux et celles qui sont en dehors de ces réseaux de communication. Malgré le confinement, nous sommes reliés à ceux qui sont proches, à ceux qui sont loin. Comment être attentifs les uns aux autres ?
J’ai reçu aujourd’hui par mail : « Hier matin  ne voyant pas les volets de notre voisin s'ouvrir nous avons prévenu la mairie qui a fait le nécessaire pour l'hospitaliser et mettre leur fille adulte handicapée au CHS de Sarreguemines ! Prenons surtout soin les uns des autres »
 
Oui, soyons attentifs les uns aux autres.
 Nous apprenons le décès du père Bernard Hittinger , prêtre coopérateur à Petite Rosselle ( voir en annexe)
Restons unis dans la prière
Bien fraternellement, Serge
 
 

Pour rappel à tous, voici les sites :
http://www.notredamedesnations.fr/
http://coeur-immacule.fr/
Merci aussi à vous qui diffusez ces informations autour de vous.
Vous pouvez aussi m’envoyer les mails de personnes intéressées…
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- De la part de Mgr Jean Pierre Vuillemin : Concernant les Rameaux :
Beaucoup de chrétiens regretteront de ne pas pouvoir participer à la messe et de ne pas pouvoir ramener des rameaux bénis chez eux. Nous faisons une suggestion aux curés qui peuvent se procurer suffisamment de rameaux avant dimanche : les rameaux qu’ils auront bénis dimanche pourraient être conservés à la sacristie. Un petit brin serait donné aux chrétiens qui pratiqueront lors de la messe dominicale qui suivra la fin du confinement (à la sortie de la messe par exemple). Cette solution paraît être celle qui nécessite le moins de contacts durant le confinement.
Douze prêtres de notre diocèse ont contracté le COVID 19 dont trois sont hospitalisés.
Nous les portons dans notre prière.
Nous vous invitons à la plus grande prudence pour vous et pour les autres.
Avec mes fraternelles salutations.
+Jean-Pierre Vuillemin
Paul et moi nous vous demandons simplement de nous informer dans quelle église vous les déposez.
Nous confions au Seigneur l’abbé Bernard Hittinger décédé hier, ainsi que tous nos défunts.
-----
-Voici une proposition de Michel, sacristain et sonneur de cloche, d’Etzling pour la semaine Sainte :
Comme nous ne pourrons pas nous réunir pour les célébrations des offices de Pâques dans nos églises, nous pourrions nous unir par le son des cloches. Elles nous rappelleraient que c'est Pâques.
Je propose donc de les faire sonner comme si nous y étions.
Le jeudi Saint à 19h10, c'est à peu près l'heure du Gloria et les cloches s'envolent pour Rome. On sonne une volée pendant 3 mn, trois pour la trinité. Puis on les coupe jusqu'au samedi.
Samedi, veillée pascale, à 21h10 c'est à peu près l'heure du Gloria et les cloches reviennent de Rome. On sonne une volée pendant 3mn, trois pour la trinité.
Dimanche de Pâques, pour notre plus grande fête de l'année, à 11h02 on sonne pendant 7 mn. Dieu créa le monde en six jours et se reposa le septième.
 Pour les automates de commande des cloches, s’il y a un OPUS ou un BTE6 la programmation est facile à réaliser.
 Une proposition à laquelle je suis prêt à souscrire, merci Michel
 A tous les sonneurs : si vous avez des problèmes de programmation, nous avons notre technicien.
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- Prier ensemble pour nos malades. Proposition d’Anne
Je propose aux membres de la chorale de nous retrouver tous (virtuellement chacun chez soi, évidemment) jeudi soir vers 20h (heure de la répétition) pour un petit temps de prière (commune) pour ceux qui le peuvent et le veulent, afin de nous  porter mutuellement dans la prière. Mais j’ai pensé qu’il serait bon d’élargir cette idée à la communauté et donc à nos trois chorales. Alors si vous le voulez bien, faites passer le mot à vos choristes et unissons nos voix et nos prières et offrons nos cœurs à Jésus ! 
A jeudi soir, donc chacun chez soi pour un petit temps de prière, chacun comme il voudra.
L’abbé Paul et moi nous nous associons à vous. Merci Anne pour cette coordination.


Forbach et sa région | Coronavirus L’abbé Bernard Hittinger, ancien aumônier des hôpitaux de Forbach, est décédé

Hospitalisé depuis vendredi à Forbach puis à Metz, l’abbé Bernard Hittinger est décédé mardi après-midi, des suites du Covid-19. Il avait 67 ans. Originaire de Rémelfing, il a surtout officié dans le bassin houiller. Il était notamment aumônier des hôpitaux de Forbach.
Par Pascal MITTELBERGER - 12:17 | mis à jour à 13:24 - Temps de lecture : 2 min
| | Vu 2414 fois
 
 

Une figure de la vie religieuse du bassin houiller s’en est allée. L’abbé Bernard Hittinger, 67 ans, est décédé mardi 31 mars, dans l’après-midi, à l’hôpital de Mercy, près de Metz. Il avait contracté le virus Covis-19.

Un engagement déterminant dans la JOC

« Je perds un ami fidèle, de 50 ans. Nous avons toujours gardé des liens très forts », témoigne avec émotion l’abbé Alfred Rohr, ancien curé des paroisses de Petite-Rosselle et Schœneck notamment. « Je l’ai connu quand je suis arrivé comme vicaire à Sarreguemines Saint-Nicolas. Il avait 15 ans. »

Natif de Metz, Bernard Hittinger était venu s’installer avec sa famille à Rémelfing. Adolescent, « il s’est engagé dans le mouvement de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC). Cela a été déterminant dans sa vie », relate l’abbé Rohr, qui rappelle l’importance de l’abbé Jean-Marie Kaufmann pour Bernard Hittinger, « son accompagnateur spirituel ».

« Toujours au service des autres »

Employé de la Poste au début de sa vie active, Bernard Hittinger intègre parallèlement le groupe de formation ouvrière de Lille, ce qui lui permet d’être ordonné prêtre en 1986. Il est nommé vicaire à Creutzwald puis, au début des années 1990, il devient aumônier des hôpitaux de Forbach, où il accompagne les malades. Il s’investit aussi dans l’animation du groupe des jeunes à la paroisse du Wiesberg. Il occupe ensuite les fonctions de prêtre desservant puis coopérateur à Petite-Rosselle.

« Bernard a toujours été au service des autres, rien ne l’arrêtait malgré les maladies qui l’ont touché. Il a toujours fait preuve d’un courage exceptionnel », conclut l’abbé Rohr. A la famille de l’abbé Hittinger, nous présentons nos condoléances.

 

Homélie du saint Père
1er avril  2020
 
En ces jours, l’Eglise nous fait écouter le chapitre 8 de saint jean. IL y a une discussion, un débat très fort entre Jésus et les docteurs de la loi. Il cherche avant tout de faire voir sa propre identité. Jean nous fait approcher de cette lutte, où se trouve la vraie identité, celle de Jésus et celle de ses détracteurs. Ils mettent Jésus au pied du mur et Jésus les met au pied du mur et leur fait voir leurs contradictions. Mais, à la fin, les docteurs de la loi ne trouvent pas d’autre  réponse que l’insulte,  et c’est une des pages les plus tristes, ils insultent la vierge Marie.
Mais parlons de l’identité : Jésus dit aux docteurs de la loi, aux Juifs: « si vous demeurez en ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ». Reviens cette parole, très chère au Seigneur, qui le répète souvent, notamment le soir du jeudi saint : « restez, demeurez en moi demeurez dans le seigneur ». Il ne dit pas « étudiez bien, apprenez bien, ça, c’est acquis… mais « va à la chose la plus importante » Celle qui est la plus dangereuse, si elle n’est pas faite, c'est-à-dire : demeurez, restez, demeurez en ma parole ! » Et ceux qui restent dans la parole sont vraiment les disciples du Seigneur. C’est pas une carte d’identité qui dit : « Je suis chrétien », Toi, si tu demeures dans le seigneur, dans sa parole, dans sa vie, tu seras disciples ; si tu ne demeures pas, tu es quelqu’un qui sympathise avec la doctrine, qui suit Jésus comme un homme qui a fait beaucoup de bien, qui a de bonnes valeurs, mais le disciple, c’est la vraie identité du chrétien et c’est cela qui te donnera la liberté. Le disciple est un homme libre, parce qu’il demeure dans le Seigneur. Et demeurer dans le Seigneur, qu’est ce que ça veut dire, c’est se laisser guider par l’Esprit Saint. Le disciple se laisse guider par l’Esprit Saint. C’est donc un homme à la fois de la tradition et de la modernité. Il est libre. Aucunement sujet à des idéologies, à des doctrines, des doctrines qui peuvent se discuter. Il reste, il demeure dans le seigneur et l’Esprit Saint l’inspire. Nous chantons à l’Esprit Saint, nous lui disons qu’il est le doux hôte de nos âmes, il habite en nous. Mais cela, uniquement si nous demeurons dans le Seigneur. Que le Seigneur nous fasse connaître cette sagesse de rester, de demeurer en lui. Qu’il nous fasse connaitre cette familiarité avec l’Esprit. L’Esprit de Dieu nous donne la liberté. Et cela c’est l’onction. Celui qui reste pour le Seigneur est disciple, et le disciple est oint de l’Esprit. Il a reçu l’onction de l’Esprit et la mène en avant. C’est la voie que Jésus nous montre pour la liberté et pour la vie. Etre disciple, l’onction qu’il reçoit quand il reste dans le Seigneur. Que le Seigneur nous fasse comprendre cela, qui n’est pas facile, puisque les docteurs de la loi ne l’ont pas compris. On ne comprend pas seulement avec l’intellect, la tête, on comprend avec la tête et avec le cœur.
Cette sagesse de l’onction, de l’esprit qui nous fait disciple.

 
Moustapha Dahleb, la plus belle plume tchadienne, a écrit : 
L'HUMANITÉ ÉBRANLÉE ET LA SOCIÉTÉ EFFONDRÉE PAR UN PETIT MACHIN.

Un petit machin microscopique appelé coronavirus bouleverse la planète.
Quelque chose d'invisible est venu pour faire sa loi.
Il remet tout en question et chamboule l'ordre établi.
Tout se remet en place, autrement, différemment.
Ce que les grandes puissances occidentales n'ont pu obtenir en Syrie, en Lybie, au Yémen, ...ce petit machin l'a obtenu (cessez-le-feu, trêve...).
Ce que l'armée algérienne n'a pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (le Hirak a pris fin).
Ce que les opposants politiques n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (report des échéances électorales...).
Ce que les entreprises n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (remise d'impôts, exonérations, crédits à taux zéro, fonds d'investissement, baisse des cours des matières premières stratégiques...).
Ce que les gilets jaunes et les syndicats n'ont pu obtenir, ce petit machin l'a obtenu (baisse de prix à la pompe, protection sociale renforcée...).
Soudain, on observe dans le monde occidental
le carburant a baissé,
la pollution a baissé,
les gens ont commencé à avoir du temps, tellement de temps qu'ils ne savent même pas quoi en faire.
Les parents apprennent à connaître leurs enfants,
les enfants apprennent à rester en famille,
le travail n'est plus une priorité,
les voyages et les loisirs ne sont plus la norme d'une vie réussie.

Soudain, en silence, nous nous retournons en nous-mêmes et comprenons la valeur des mots solidarité et vulnérabilité.
Soudain, nous réalisons que nous sommes tous embarqués dans le même bateau, riches et pauvres.
Nous réalisons
que nous avions dévalisé ensemble les étagères des magasins et constatons ensemble que les hôpitaux sont pleins et que l'argent n'a aucune importance.
Que nous avons tous la même identité humaine face au coronavirus.
Nous réalisons que dans les garages, les voitures haut de gamme sont arrêtées juste parce que personne ne peut sortir.
Quelques jours seulement ont suffi à l'univers pour établir l'égalité sociale qui était impossible à imaginer. 
La peur a envahi tout le monde.
Elle a changé de camp.
Elle a quitté les pauvres pour aller habiter les riches et les puissants.
Elle leur a rappelé leur humanité et leur a révélé leur humanisme.
Puisse cela servir à réaliser la vulnérabilité des êtres humains qui cherchent à aller habiter sur la planète mars et qui se croient forts pour cloner des êtres humains pour espérer vivre éternellement. 
Puisse cela servir à réaliser la limite de l'intelligence humaine face à la force du ciel.
Il a suffi de quelques jours pour
que la certitude devienne incertitude,
que la force devienne faiblesse,
que le pouvoir devienne solidarité et concertation.

Il a suffi de quelques jours pour
que l'Afrique devienne un continent sûr,
Que le songe devienne mensonge.  
Il a suffi de quelques jours pour que l'humanité prenne conscience qu'elle n'est que souffle et poussière.
Qui sommes-nous ?
Que valons-nous ?
Que pouvons-nous face à ce coronavirus ?
Rendons-nous à l'évidence en attendant la providence.
Interrogeons notre « humanité » dans cette « mondialité » à l'épreuve du coronavirus.
Restons chez nous et méditons sur cette pandémie.
Aimons-nous vivants !



Le confinement et l'Exil à Babylone
 
Notre situation de confinement va durer encore bien des semaines, et nous empêcher de célébrer les fêtes pascales comme chaque année. Sans nos églises, nous avons une bonne occasion de relire l'expérience des Juifs exilés à Babylone, qui a duré 60 ans (597-538) !
 
De quoi les Juifs exilés ont-ils été privés ?
 
Environ 5000 juifs de Jérusalem et de Judée sont exilés par les Babyloniens après deux sièges : en 597, puis en 587.  Il y a la famille royale, les responsables religieux,  militaires et civils, et bien des ingénieurs, pour empêcher que la ville soit rebâtie (cf  2 Rois 24,19-16 ; 25,8-21).
Les prêtres et lévites ont emmené leur bien le plus précieux : des rouleaux des Ecritures. Il s'agit de récits anciens comme la Genèse et l'Exode et le récent Deutéronome (les discours de Moïse sur la Loi), mais aussi des écrits des prophètes (Amos, Osée, Isaïe, Jérémie), et des recueils de Psaumes.
 
Pendant ces 60/50 années d'exil, c'est l'absence du Temple de Jérusalem, centre de leur religion,  qui leur a le plus manqué. Les prêtres et les lévites ne célèbrent plus  de culte :  ni offrandes (végétales), ni sacrifices d'animaux pour les grands rituels  et fêtes liturgiques. Comment vivre désormais la relation avec le Seigneur ? Comment le louer, lui demander le pardon, lui rendre grâce ou le supplier ? Mais les prêtres et lévites ont aussi d'autres fonctions, tout aussi importantes : ils sont chargés d'enseigner la Loi de Moïse, pour que tous les Juifs vivent selon la volonté du Seigneur, dans son Alliance.
 
Qu'ont-ils découvert dans leur foi au Dieu unique ?
 
Le Dieu national n'est pas enfermé dans son petit pays de Juda. Ezéchiel voit la gloire de Dieu quitter le Temple et s'élever, du Mont des Oliviers, vers l'est, en Babylonie où se trouvent les exilés (Ez 10,18-19 ; 11,22-25). Dieu n'est pas prisonnier d'un temple : il s'est lié à un peuple, où qu'il soit. Le Dieu de Jérusalem va se manifester à Ezékiel en Babylonie, au bord du fleuve Kebar (Ez 1). Le lieu de culte est moins important que la relation avec son peuple.
 
Avant l'Exil, bien des prophètes avaient déjà insisté sur le vrai sens du culte, qui ne consiste pas seulement à accomplir des rites, mais à les vivre, intérieurement, en s'offrant soi-même avec les offrandes et sacrifices. Dieu regarde surtout le coeur des humains, plus que ce qu'ils peuvent lui offrir. Chez les prophètes, on trouve à la fois des encouragements à bien vivre le culte, mais aussi des dénonciations des rituels purement formalistes, qui n'engagent pas le coeur et surtout qui n'ont aucune conséquence dans les relations sociales. Comme si Dieu pouvait être trompé par les apparences de grands et beaux sacrifices ! Le Dieu d'Israël s'intéresse plus à la vie "profane" de son peuple qu'à ses liturgies.
 
Voici des critiques du "culte mensonger" par des prophètes d'avant l'Exil :
- Isaïe : 1,11-16 ;  - Jérémie : 7,21-22           ;  - Osée : 6,6 ;  - Amos : 5,22-25 ;  - Michée : 6,6-8.         
Avec l'Exil, privés de Temple, les Juifs sont bien obligés de revenir à l'essentiel de leur relation au Seigneur, en cherchant ce qu'il aime, ce qui lui plaît. Le culte devient alors totalement spirituel :  c'est une offrande de soi-même.

 
Des psaumes
 
Le Ps 50 exprime parfaitement ce sens spirituel du culte, avec ou sans rites, avec ou sans Temple, avec ou sans prêtres.  Dieu s'adresse à son peuple pour un jugement : deux groupes sont visés : les justes et les "impies".
- 1-7 : une théophanie devant Israël, qui a fait alliance au Sinaï (v 5-7)
- 8-15 : ceux qui accomplissent le culte sincèrement ne doivent pas oublier que
            a) tous les animaux sacrifiés appartiennent déjà à Dieu
            b) de toute façon, Dieu n'a pas besoin de manger de la viande !
- 16-21 : les mauvais Juifs récitent les commandements, mais sont voleurs et adultères !
- 22-23 : menace aux mauvais Juifs et promesse à ceux qui sont fidèles à l'Alliance, à la Loi.
            La relation à Dieu peut donc être vécue sans la médiation du sacrifice.
 
Le Ps 51, psaume de pénitence, aboutit, aux v.18-19, à la même expérience : Dieu regarde les coeurs, non les sacrifices. Mais l'addition des v. 20-21, après le retour d'Exil, justifie la reprise du culte sacrificiel au Temple, reconstruit après 515. Une autre belle prière, très semblable, se trouve dans le livre de Daniel (partie grecque) : 3,38-41. Le jeune Azarias, compagnon de Daniel, prie ce psaume utilisé par la diaspora juive de Babylonie, très loin de Jérusalem. On peut donc rester fidèle au Dieu de l'Alliance sans le culte du Temple.
 
Le sabbat et la synagogue, repères de la vie juive
 
C'est pendant l'Exil que les communautés juives ont inventé deux nouveaux moyens de se rassembler pour vivre leur foi : le jour du sabbat et les synagogues.  Avant l'Exil, "sabbat" signifiait la pleine lune (ex Amos 8,5 ; Os 2,13). Désormais, c'est tous les 7° jours ; l'origine du rythme de la semaine. N'ayant plus de lieu sacré (le Temple), les Juifs se sont donnés un temps sacré : la réunion de prière et d'enseignement du sabbat.
 
Pour cela, il fallait un lieu d'"assemblée " (en grec : synagogè) : la grande pièce d'une maison, puis un bâtiment construit exprès, pour les Juifs d'un quartier ou d'un village de Babylonie. On se réunissait autour des prêtres ou lévites qui lisaient les Ecritures, les expliquaient et indiquaient leur mise en pratique. Puis on chantait des prières : les Psaumes, louanges, actions de grâce et supplications. C'était aussi le temps du conseil pour organiser la vie de la communauté. Les autres jours, la synagogue servait  d'école pour les enfants et les jeunes.
Par nécessité, pour maintenir vivantes les communautés, les Juifs ont inventé le sabbat et la synagogue, qui sont restés, jusqu'aujourd'hui,  le coeur de la vie juive.
 
La Pâque, fête de famille juive
 
Et les fêtes ? Avant l'Exil, en dehors du 1er de chaque mois (la nouvelle lune), on montait au Temple pour les 3 grandes fêtes. Au printemps, la Pâque (et la semaine des Pains azymes) ; 50 jours plus tard, la Pentecôte  (Shavouot, "les 7 Semaines", le don de la Loi) et à l' automne, la fête des Tentes ou Cabanes (Soukkôt, le séjour au désert). Désormais, sans Temple, on ne célèbre plus que la Pâque, qui est une fête familiale : un "méchoui", l'agneau rôti. On y célèbre la libération d'Egypte, en attendant la libération de Babylonie. Le père de famille transmet l'expérience fondatrice d'Israël en racontant l'Exode aux enfants, au cours d'un joyeux repas nocturne. L'essentiel est célébré, même en pays païen, sans Temple.



 

 Et tout s’est arrêté…

Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net. A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie ! Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche ; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?
Après ?
Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s’arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent. Et nous appellerons cela le dimanche.
Après ?
Ceux qui habiteront sous le même toit, passeront au moins 3 soirées par semaine ensemble, à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à téléphoner à papy qui vit seul de l’autre côté de la ville ou aux cousins qui sont loin. Et nous appellerons cela la famille.
Après ?
Nous écrirons dans la Constitution qu’on ne peut pas tout acheter, qu’il faut faire la différence entre besoin et caprice, entre désir et convoitise ; qu’un arbre a besoin de temps pour pousser et que le temps qui prend son temps est une bonne chose. Que l’homme n’a jamais été et ne sera jamais tout-puissant et que cette limite, cette fragilité inscrite au fond de son être est une bénédiction puisqu’elle est la condition de possibilité de tout amour. Et nous appellerons cela la sagesse.
Après ?
Nous applaudirons chaque jour, pas seulement le personnel médical à 20h mais aussi les éboueurs à 6h, les postiers à 7h, les boulangers à 8h, les chauffeurs de bus à 9h, les élus à 10h et ainsi de suite. Oui, j’ai bien écrit les élus, car dans cette longue traversée du désert, nous aurons redécouvert le sens du service de l’Etat, du dévouement et du Bien Commun. Nous applaudirons toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain. Et nous appellerons cela la gratitude.
Après ?
Nous déciderons de ne plus nous énerver dans la file d’attente devant les magasins et de profiter de ce temps pour parler aux personnes qui comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas ; que Celui qui nous l’a donné ne nous a rien fait payer et que décidément, non, le temps ce n’est pas de l’argent ! Le temps c’est un don à recevoir et chaque minute un cadeau à goûter. Et nous appellerons cela la patience.
Après ?
Nous pourrons décider de transformer tous les groupes WhatsApp créés entre voisins pendant cette longue épreuve, en groupes réels, de dîners partagés, de nouvelles échangées, d’entraide pour aller faire les courses où amener les enfants à l’école. Et nous appellerons cela la fraternité.
Après ?
Nous rirons en pensant à avant, lorsque nous étions tombés dans l’esclavage d’une machine financière que nous avions nous-mêmes créée, cette poigne despotique broyant des vies humaines et saccageant la planète. Après, nous remettrons l’homme au centre de tout parce qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit. Et nous appellerons cela la justice.
Après ?
Nous nous souviendrons que ce virus s’est transmis entre nous sans faire de distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion. Simplement parce que nous appartenons tous à l’espèce humaine. Simplement parce que nous sommes humains. Et de cela nous aurons appris que si nous pouvons nous transmettre le pire, nous pouvons aussi nous transmettre le meilleur. Simplement parce que nous sommes humains. Et nous appellerons cela l’humanité.
Après ?
Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura de nombreuses chaises vides et nous pleurerons celles et ceux qui ne verront jamais cet après. Mais ce que nous aurons vécu aura été si douloureux et si intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui se joue de l’espace, se joue aussi du temps ; que ce lien passe la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté-ci et l’autre de la rue, ce côté-ci et l’autre de la mort, ce côté-ci et l’autre de la vie, nous l’appellerons Dieu.
Après ?
Après ce sera différent d’avant mais pour vivre cet après, il nous faut traverser le présent. Il nous faut consentir à cette autre mort qui se joue en nous, cette mort bien plus éprouvante que la mort physique. Car il n’y a pas de résurrection sans passion, pas de vie sans passer par la mort, pas de vraie paix sans avoir vaincu sa propre haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse. Et pour dire cela, pour dire cette lente transformation de nous qui s’accomplit au cœur de l’épreuve, cette longue gestation de nous-mêmes, pour dire cela, il n’existe pas de mot.
Ecrit par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux

Date de création : 01/04/2020 @ 14:27
Dernière modification : 01/04/2020 @ 14:27
Catégorie : Covid 19 au jour le jour
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